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Enjeux historiques des journaux et de la correspondance dans la réécriture de l’histoire de la révolution sous Stalin

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Enjeux historiques des journaux et de la correspondance dans la réécriture de l’histoire de la révolution sous Stalin

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GRIESSE, Malte, 2009. Enjeux historiques des journaux et de la correspondance dans la réécriture de l’histoire de la révolution sous Stalin. In: Cahiers du Monde Russe. Éditions de l'EHESS. 50(1), pp. 93-123. ISSN 1252-6576. eISSN 1777-5388. Available under: doi: 10.4000/monderusse.9155

@article{Griesse2009Enjeu-53784, title={Enjeux historiques des journaux et de la correspondance dans la réécriture de l’histoire de la révolution sous Stalin}, url={https://www.jstor.org/stable/40931325}, year={2009}, doi={10.4000/monderusse.9155}, number={1}, volume={50}, issn={1252-6576}, journal={Cahiers du Monde Russe}, pages={93--123}, author={Griesse, Malte} }

Enjeux historiques des journaux et de la correspondance dans la réécriture de l’histoire de la révolution sous Stalin 2021-05-28T07:44:52Z 2021-05-28T07:44:52Z Griesse, Malte 2009 Cet article explore les dynamiques de l'échange communicationnel à l'époque de Stalin et son impact sur la formation de l'opinion. Alors que les journaux, qui présentent leurs auteurs dans un état solitaire de monologue intérieur, révèlent souvent des étendues d'ambiguité et de doute, une communication engagée, particulièrement entre personnes se faisant confiance, est beaucoup plus à même de donner naissance à des jugements et des opinions clairs, ce qui est de la plus haute importance sur le plan de la capacité critique.<br />La riche correspondance personnelle de la famille Kravčenko-Spunde, famille de vieux bolcheviks engagés, montre à quel point un échange ouvert peut susciter et renforcer tant le soutien que la critique la plus âpre du système. Ces documents mettent en lumière un changement majeur, le passage d'un soutien quasi inconditionnel au régime stalinien à sa critique de « fossoyeur de la révolution » , condamnation qui émerge du débat politique tenu dans le cercle étroit de la famille. De plus, la défense d'un bien commun à l'encontre du discours public pousse les discutants à transcender leur cercle restreint et à chercher un contre-public indispensable pour lever le soupçon de particularité qui pèse sur les « biens » défendus au sein de ce cercle et pour confirmer ainsi leur caractère de « bien commun ». La tentative d'élargissement du cercle communicationnel mène à une nouvelle activité dans l'écriture mémorielle qui se propose aussi bien de dévoiler les mensonges du système que de révéler un héritage révolutionnaire distinct de la représentation officielle monopolisée par le régime. L'expérience des relations personnelles pendant la révolution joue un rôle essentiel pour cette revendication dissidente d'un héritage révolutionnaire. Camaraderie et confrontation unie face à l'ennemi pendant la guerre civile doivent être distinguées de l'énonciation et de l'élaboration d'opinions lors de débats publics. Seule cette seconde expérience, basée sur la réciprocité, pouvait donner lieu à la constitution d'une personne politique. Le système stalinien craignait cette personne politique et tentait de l'anéantir dans les années 1930, notamment lors des Grands Procès au cours desquels l'expérience des relations humaines et de la confiance pendant la révolution même fut systématiquement sapée par l'accusation d'hypocrisie. This article explores the dynamics of communicational exchanges in Stalin's time and its impact on the formation of opinions. Whereas diaries, which represent their authors in a solitary state of inner monologue, often exhibit expanses of roaming doubt and ambiguity, communication, particularly when it occurs between people who trust each other, is much more likely to give rise to clear opinions and judgments, which is of utmost importance for the question of critical ability. The particularly well-documented personal correspondence between members of the Kravchenko-Spunde family (Kravchenko and Spunde were two highly committed Old Bolsheviks) shows how open communication can elicit and reinforce both support and the harshest criticism of the system. These documents reveal a major shift from almost unconditional support to a profound criticism of the Stalinist regime as "undertaker of the Revolution" – a condemnation that emerged from political debate within the narrow circle of the family. Moreover, the defense of a common good against official discourse drove the discussants to transcend the family circle and look for a supporting public essential to the rescue of the cherished "common good" from the odium of particularity and to the confirmation of the "common" character of this good. The attempt at enlarging the family's communicational circle led to a new activity in memoir writing that aimed at exposing the system's lies and revealing a revolutionary legacy distinct from the official representation monopolized by the regime. The experience of personal relations is central to this dissident claim for a revolutionary legacy. Comradeship and joint confrontation of the enemy during the civil war must be distinguished from the enunciation and elaboration of opinions in public debates. The latter experience, based on reciprocity, was solely able to constitute a political person. The Stalinist system feared that political person and tried to destroy it systematically during the show trials, when the human relations and trust experienced during the Revolution were demeaned with the accusation of hypocrisy. terms-of-use Griesse, Malte fra

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